Article paru dans le n°534 du Magazine « Le Particulier Conso » de juin 2026
Photos : Frédéric Delouvée

Rénover une piscine enterrée
Votre piscine qui a fait la joie de vos enfants dans les années 1980 arrive à bout de souffle. Si la pompe ou la couverture a déjà été remplacée une ou deux fois, le revêtement montre des signes de faiblesse, des petites fissures apparaissent, des carreaux se décollent, les margelles ont un peu bougé…C’est le moment de rénover, et d’en profiter pour apporter des améliorations en remplaçant une échelle par un escalier pour plus de confort, d’automatiser certains équipements pour davantage de facilité d’entretien. Vous pouvez aujourd’hui piloter votre piscine depuis votre smartphone et enclencher le chauffage, les éclairages, le volet, la filtration sans vous déplacer jusqu’au local technique. Ce n’était pas possible il y a trente ans. « La tendance actuelle est aux formes rectangulaires, plus faciles à couvrir avec un volet ou une couverture pour limiter l’évaporation de l’eau et garder la chaleur; à la réduction de la taille du bassin et au rehaussement du fond qui devient plat. Les gens se sont aperçus qu’un mètre de profondeur suffit pour nager et que cela permet de Jouer avec les enfants, alors que dans les années 1980 la profondeur atteignait 2,50 m dans le grand bain », commente David Moreau, responsable marketing et communication de l’esprit piscine.
Parmi les autres évolutions : l’abandon des escaliers romans en demi-cercle au profit d’un banc immergé sur toute la largeur du bassin, qui permet de s’asseoir en ayant de l’eau jusqu’à la taille et qui dissimule en même temps un volet
immergé. Toutes ces améliorations entrainent des réductions de cout de fonctionnement : moins d’eau à filtrer et à chauffer et moins de produits utilisés… Les systèmes de filtration consomment aujourd’hui 6,5 fois moins d’énergie qu’il y a quarante ans, grâce aux pompes à vitesse variable. C’est l’occasion d’opter pour un matériel plus silencieux ou avec plus de débit. Les LED sont près de quarante fois moins énergivores que les anciens spots halogènes.
Rénovation ou reconstruction
La rénovation la plus légère consiste à moderniser les équipements et changer le revêtement. Son choix est conditionné par le système constructif du bassin : soit la structure est étanche et tous les revêtements sont autorisés, soit elle ne l’est pas et l’étanchéité est assurée par le revêtement. Dans ce cas, il faudra opter pour un liner ou une membrane armée en PVC. Cette dernière est souvent préférée lors des rénovations car elle est plus épaisse et plus résistante. Sa durée de vie est deux fois plus longue que celle d’un liner (trente ans contre dix à quinze ans) pour un surcoût d’environ 2 000 à 3 000 € selon la taille du bassin. Les systèmes de traitement automatisés qui ajustent le pH à la bonne valeur de consigne assurent la pérennité du matériau. Ces membranes peuvent être structurées et avoir un rendu de type carrelage, béton, marbre, etc. « Certains changements de revêtements sont possibles dans un sens mais pas dans l’autre. On peut remplacer un ancien carrelage par un liner si la structure présente des fissures. L’inverse n’est pas possible, car un carrelage n’est pas étanche », avertit David Moreau, de l’esprit piscine.
Gare aux devis
Il faut au préalable faire un diagnostic de la structure qui n’est visible qu’une fois l’ancien revêtement déposé. C’est seulement à cette étape que votre piscinier pourra faire un chiffrage précis des travaux à effectuer. « Il est très important que votre devis comporte une clause conditionnelle qui fixe un délai à l’entreprise après la signature pour vérifier la structure et présenter un second devis si nécessaire. Cette clause permet au maître d’ouvrage de renoncer au chantier si le montant dépasse celui du devis initial », note David Moreau.
Au-delà du traditionnel changement de revêtement, les pisciniers mettent en œuvre plusieurs moyens pour rénover un bassin existant. Si l’ancienne structure est trop abîmée, il reste parfois plus simple de tout démonter ou en partie et de construire une piscine neuve, en ne gardant que le terrassement. Si la piscine a bougé́, qu’elle a connu un vieillissement structurel, vous ne pouvez rien sauver. « Parfois, on peut tout de même conserver les parois, qui serviront de coffrage pour la projection du béton. Si le fond est sain, on peut aussi venir se réadapter à l’intérieur. Quand vous intervenez sur des piscines anciennes très profondes, vous êtes par contre obligés de refaire une structure, avec un ferraillage et de remplacer tout le système hydraulique.
Ce bassin, trophée d’argent FPP 2023 de la piscine respectueuse de l’environnement, comporte sous sa terrasse, une réserve d’eau alimentée par des trop-pleins lors des pluies. Une partie de l’ancienne structure a été conservée. Un béton armé a été coulé dans des briques en polystyrène qui servent de coffrage perdu et d’isolation pour maintenir la température de l’eau. Cette réalisation a coûté le prix d’une piscine neuve.
